- Le géant du commerce en ligne interdit à l'assistant autonome de Meta d'effectuer des achats au nom des utilisateurs, invoquant des violations des conditions d'utilisation et des risques pour la sécurité des données.
Ce qu’il faut savoir
Lancée début septembre, Muse est présentée par Meta comme un agent d'IA « sécurisé et privé » capable d'exécuter des tâches complètes : navigation web, remplissage de formulaires, envoi d'e-mails et achats en ligne. L'outil s'appuie sur une machine virtuelle dédiée (Muse Secure VM) dotée de son propre navigateur, ce qui lui permet d'interagir avec des sites même en l'absence d'API publique. Selon les documents de Meta, l'agent peut utiliser une carte à usage unique fournie par Link (Stripe) pour finaliser des transactions.
Le blocage et les arguments d'Amazon
Dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21 septembre, les utilisateurs tentant d'employer Muse sur Amazon ont reçu un message indiquant que « l'accès continu par un agent d'IA non autorisé viole les Conditions d'utilisation d'Amazon ». Le détaillant explique avoir demandé à Meta, sans succès, d'exclure volontairement son site du périmètre de l'agent. Un porte-parole d'Amazon a déclaré : « Nous pensons qu'il est assez évident que les applications tierces qui proposent d'effectuer des achats au nom de clients d'autres entreprises doivent opérer de manière transparente et respecter les décisions des fournisseurs de services quant à leur participation. »
Amazon met en avant deux griefs principaux : l'absence d'identification de Muse comme agent automatisé lors de la navigation et la capacité présumée de l'outil à accéder à des zones sensibles du compte client (historique de commandes, pages de profil). Le géant du e‑commerce souligne également que ses propres solutions — « Buy for Me » et « Alexa pour les achats » — s'identifient clairement et offrent aux marchands la possibilité de refuser l'intégration.
La réponse de Meta
De son côté, Meta affirme que Muse ne peut pas voir les mots de passe ni les données de paiement en clair. « Les identifiants fournis par l'utilisateur sont stockés de manière sécurisée, de sorte que Muse peut les utiliser sans y avoir accès directement, y compris les mots de passe saisis dans le navigateur », indique l'entreprise dans son annonce de lancement. Meta n'avait pas publié de réaction officielle spécifique aux accusations d'Amazon au moment des premières publications.
Un conflit plus large sur le commerce agentif
Ce blocage s'inscrit dans une série de mesures d'Amazon contre des agents tiers. En mars, une ordonnance judiciaire a interdit au navigateur Comet de Perplexity de scraper le site. En novembre 2025, Amazon a mis à jour son fichier robots.txt pour bloquer les agents de ChatGPT. Parallèlement, le détaillant développe ses propres outils d'achat assisté par IA, ce qui alimente les spéculations sur une volonté de protéger son écosystème publicitaire — estimé à 68 milliards de dollars annuels — et de conserver la relation directe avec le consommateur.
Implications pour les utilisateurs et le marché
Pour les utilisateurs de Muse, l'interdiction réduit considérablement l'utilité de l'agent, dont l'une des promesses centrales était l'achat transparent sur les grands sites marchands. Le différend illustre les tensions naissantes autour de la propriété de l'expérience d'achat lorsque des IA agissent de manière autonome. Les observateurs notent que l'issue de ce bras de fer pourrait influencer les normes futures d'interopérabilité et de transparence pour les agents d'IA commerciaux.
*Les informations ont été recoupées auprès de plusieurs sources indépendantes.*
24 sources
Cette synthèse rapproche plusieurs sources et est présentée dans la langue de cette édition. Langue source : EN.